Note au Premier Ministre

In Déclarations et Prises de Position, Programme Egypte / Feuille de Route by CIHRS

 

Renforcer les piliers de l’Etat et atteindre l’égalité nécessite la formation d’une commission incluant des représentants de secteurs sociaux victimes de discriminations.

Communiqué de presse

Hier, le Forum des organisations de droits de l’Homme égyptiennes indépendantes a soumis un mémorandum au Premier Ministre Ahmed Nazif, lui demandant de former une commission afin de mettre en place des garanties constitutionnelles de citoyenneté, d’égalité et d’égalité des chances pour tous les Egyptiens, indépendamment de leurs religions, croyances, ethnies ou origines.

Dans ce mémorandum, le Forum a insisté sur la nécessité, pour la commission, d’inclure des figures indépendantes parmi ses membres pour représenter les segments de la société discriminés ou marginalisés, comme les Coptes, les Chiites, les Baha’is, les Nubiens, les Bédouins du Sinaï, ainsi que des représentants d’organisations de droits de l’Homme.

Le mémorandum, signé par quatorze organisations, vise à encourager l’effort d’Etat pour mettre fin à la crise religieuse qui représente une réelle menace pour la coexistence des Musulmans et des Coptes dans un cadre de respect et d’égalité, refusant la discrimination et l’exclusion, et respectant la liberté religieuse. Nous devons mettre un terme clair au climat actuel, qui incite de plus en plus à la haine, au sectarisme et à l’extrémisme religieux.

Dans le mémorandum, le Forum a souligné que le mandat de la commission devrait notamment inclure la rédaction d’une proposition de loi ancrant le principe d’égalité et empêchant la discrimination, ainsi qu’un projet d’institution étatique chargée de veiller à l’égalité en droit, à construire et à restaurer des lieux de cultes comme à occuper des places importantes dans les institutions de l’Etat, y compris dans le secteur de la sécurité.

La commission devrait en outre contrôler et superviser le travail des services de sécurité quand il s’agit d’incidents liés aux tensions interreligieuses et veiller à ce que la même loi soit appliquée à tous. En outre, elle serait chargée de surveiller et d’évaluer les médias dans leur effort de condamnation de la haine religieuse, ainsi que l’Etat dans son entreprise d’élaboration d’un programme académique visant à développer des valeurs humanistes communes à toutes les religions et à renforcer les valeurs de tolérance et de respect mutuel entre les adeptes de différentes religions, de différentes fois, de différentes idées.

Le mémorandum affirme qu’il est nécessaire de mettre fin aux interventions arbitraires des services  de sécurité contre la liberté de croyance religieuse, insistant sur le devoir de l’Etat d’assurer à tous les citoyens la protection et le droit de pratiquer leurs cultes, sans avoir à se cacher en cas de conversion. Toute forme de harcèlement et de pression infligée à des gens pour des raisons religieuse doit cesser.

Le mémorandum ajoute que la capacité de l’Etat à contenir le sectarisme et à mettre fin à la violence et aux tensions interreligieuses dépend en grande partie de la restauration des piliers de la citoyenneté, érodés au cours des dernières décennies par l’usage excessif de la religion et des institutions religieuses dans le domaine politique et dans la sphère publique. Le Forum presse l’Etat d’arrêter de déployer la religion dans la sphère publique et politique, occupée dans une société démocratique par les partis politiques et les institutions de la société civile. L’Etat doit aussi cesser d’utiliser les institutions religieuses pour jouer un rôle politique qui dépasse largement leur domaine. De la même façon, les institutions religieuses devraient produire un discours moderne refusant l’exclusion religieuse, l’extrémisme et la haine, et promouvoir les Lumières et la modération. Le mémorandum encourage les institutions religieuses à charger l’un de leurs propres membres qualifiés de superviser les publications et les discours afin de vérifier qu’ils soient compatibles avec les valeurs de citoyenneté et n’incite pas à la haine religieuse.

Pour lire le mémorandum en entier, voire : www.cihrs.org

Organisations signataires :
1. Andalus Institute for Tolerance and Anti-violence studies
2. Réseau Arabe pour l’information des droits de l’Homme
3. Association pour la Liberté de Pensée et d’expression
4. Institut du Caire pour l’étude des droits de l’Homme
5. Center for Trade Unions and Workers Services
6. Group of Human Rights Legal Aid
7. Centre de droit Hesham Mubarak
8. Land Center for Human Rights
9. New Woman Research Center
10. Organisation de la Réforme pénale Arabe
11. The Egyptian Association for Community Participation Enhancement
12. Centre Egyptiens des Droits économiques et sociaux
13. Initiative Egyptiennes pour les Droits de la personne
14. Association des Droits de l’Homme pour l’assistance aux prisonniers

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